Prix du gaz

L’évolution du prix du gaz

Le prix du gaz ne suit pas une courbe unique : il résulte des marchés de gros, des coûts d’acheminement, des taxes et de votre consommation. Cette page replace les variations récentes dans leur contexte et donne une méthode pour lire une offre sans confondre indicateur, tarif et facture.

  • Depuis l’ouverture du marché aux particuliers en 2007, le prix payé dépend d’offres de marché et non plus d’un cadre unique pour tous les ménages.
  • La crise énergétique déclenchée après 2021 a montré qu’un mouvement des marchés de gros peut se transmettre aux factures, avec un décalage et des protections publiques temporaires.
  • Depuis juillet 2023, le prix repère de la CRE est un indicateur mensuel de comparaison ; ce n’est ni un tarif réglementé ni un prix obligatoire.
  • L’acheminement, les taxes et l’abonnement limitent l’effet réel d’une baisse du prix de l’énergie sur la facture totale.
  • Pour comparer utilement, suivez le coût annuel TTC correspondant à votre consommation, à votre classe et à votre zone tarifaire.
Installation gazière au crépuscule, illustrant l’évolution du marché du gaz
Prix de référence du gaz — classe B1, moyenne France€/kWh TTC
0,05200,07250,09290,11340,1339janv. 2019 — 0,0723 €/kWh TTCjuil. 2019 — 0,0651 €/kWh TTCjanv. 2020 — 0,0641 €/kWh TTCjuil. 2020 — 0,0553 €/kWh TTC · Creux Covid — effondrement de la demande mondialejanv. 2021 — 0,0625 €/kWh TTCjuil. 2021 — 0,0745 €/kWh TTCoct. 2021 — 0,0935 €/kWh TTC · Envolée post-Covid, tensions sur le GNLjanv. 2022 — 0,0967 €/kWh TTC · Gel des tarifs réglementés (bouclier tarifaire)juil. 2022 — 0,0967 €/kWh TTCjanv. 2023 — 0,1042 €/kWh TTC · Bouclier assoupli : +15 % sur le TRVjuin 2023 — 0,1085 €/kWh TTC · Dernier mois du tarif réglementé de ventejuil. 2023 — 0,1057 €/kWh TTC · Naissance du prix repère CREjanv. 2024 — 0,1132 €/kWh TTCjuil. 2024 — 0,1275 €/kWh TTC · Hausse du tarif d’acheminement GRDF (+27,5 %)janv. 2025 — 0,1215 €/kWh TTCjuil. 2025 — 0,1158 €/kWh TTCjanv. 2026 — 0,1196 €/kWh TTCaoût 2026 — 0,1174 €/kWh TTC · Barème de référence utilisé sur ce sitejanv. 2019juil. 2020oct. 2021janv. 2023janv. 2024août 2026
  • juil. 2020 — Creux Covid — effondrement de la demande mondiale
  • oct. 2021 — Envolée post-Covid, tensions sur le GNL
  • janv. 2022 — Gel des tarifs réglementés (bouclier tarifaire)
  • janv. 2023 — Bouclier assoupli : +15 % sur le TRV
  • juin 2023 — Dernier mois du tarif réglementé de vente
  • juil. 2023 — Naissance du prix repère CRE
  • juil. 2024 — Hausse du tarif d’acheminement GRDF (+27,5 %)
  • août 2026 — Barème de référence utilisé sur ce site

Point le plus bas de la série

juillet 20200,0553 €/kWh

Point le plus haut de la série

juillet 20240,1275 €/kWh

Amplitude entre les deux

×2.3soit 1 227 € par an pour 17 000 kWh

Depuis janvier 2019

+62 %évolution du prix de référence B1

Série indicative reconstituée à des fins pédagogiques, barème de référence au 1ᵉʳ août 2026. Pour les valeurs officielles mois par mois, reportez-vous aux délibérations et publications de la Commission de régulation de l’énergie.

Les jalons qui ont façonné le prix actuel

  1. Juillet 2007
    Ouverture totale du marché

    Les particuliers peuvent choisir librement leur fournisseur de gaz. Le tarif réglementé subsiste en parallèle, commercialisé par le seul fournisseur historique.

  2. 2020
    Le creux de la pandémie

    L’effondrement de la demande mondiale fait chuter les cotations. Les prix atteignent des niveaux historiquement bas, sans que les ménages en profitent longtemps.

  3. Fin 2021
    La flambée

    Reprise économique, tensions sur le gaz naturel liquéfié et stockages européens dégarnis : les prix de gros s’envolent, entraînant les tarifs de détail.

  4. 2022
    Le bouclier tarifaire

    Les pouvoirs publics gèlent puis plafonnent l’évolution du tarif réglementé pour amortir le choc sur les ménages, au prix d’un coût budgétaire considérable.

  5. 30 juin 2023
    Fin du tarif réglementé

    Le TRV du gaz disparaît définitivement pour les particuliers. Les clients concernés basculent automatiquement vers une offre de marché dite « passerelle ».

  6. Juillet 2023
    Naissance du prix repère

    La CRE publie chaque mois un prix repère moyen de vente. Ce n’est pas un tarif imposé, mais il devient l’étalon de comparaison du marché résidentiel.

  7. Depuis 2024
    Le poids du réseau et de la fiscalité

    La part fourniture se détend, mais l’acheminement et l’accise progressent. La facture devient moins sensible aux marchés de gros et plus sensible aux décisions réglementaires.

L’évolution du prix du gaz en France : une histoire de marché, de réseau et de consommation

Regarder l’évolution du prix du gaz suppose de distinguer trois choses : le prix de l’énergie elle-même, les composantes réglementées de l’acheminement et les taxes. Un graphique de prix du kWh ne raconte donc pas, à lui seul, toute l’histoire d’une facture. Les séries chiffrées et les repères mensuels sont à consulter dans notre historique du prix du gaz et sur les publications de la Commission de régulation de l’énergie, qui constituent la référence institutionnelle pour suivre le marché.

Les grandes phases : du tarif réglementé aux offres de marché

Le marché du gaz naturel est ouvert à la concurrence pour les particuliers depuis le 1er juillet 2007. Les ménages ont alors pu choisir entre le tarif réglementé de vente, commercialisé par Engie, et des offres de marché proposées par différents fournisseurs. Pendant cette première période, le tarif réglementé a servi de point de comparaison familier, tandis que les fournisseurs construisaient des offres fixes, indexées ou variables.

Période Ce qui caractérise le marché Ce qu’il faut retenir pour une facture
Ouverture à la concurrence Coexistence d’offres de marché et du tarif réglementé de vente Le fournisseur devient un choix du consommateur, mais le réseau reste commun et régulé.
Après 2021 Forte tension sur les marchés énergétiques européens et volatilité exceptionnelle Les coûts d’approvisionnement peuvent évoluer rapidement, avec une transmission variable selon les contrats.
Période du bouclier tarifaire Intervention publique destinée à limiter, pour les ménages concernés, l’effet de la crise sur les factures Le prix facturé ne reflète pas toujours immédiatement l’intégralité des tensions observées sur les marchés de gros.
Depuis juillet 2023 Fin du tarif réglementé et publication mensuelle du prix repère par la CRE Tous les contrats sont des offres de marché ; le prix repère est un indicateur, non un tarif à appliquer.

La crise énergétique survenue après 2021 a rappelé que le gaz est acheté dans un marché européen soumis à des déséquilibres parfois rapides entre l’offre et la demande. Les cours de gros ont alors connu une période de hausse et de forte instabilité. Le bouclier tarifaire a amorti temporairement les conséquences de cette crise pour les consommateurs concernés : il ne supprimait ni les coûts du système gazier ni la nécessité, pour les fournisseurs, de s’approvisionner.

Le tarif réglementé de vente a définitivement pris fin pour les particuliers le 30 juin 2023. Depuis juillet 2023, la CRE publie chaque mois un « prix repère moyen de vente de gaz naturel ». Il aide à situer une offre dans le marché, mais aucun fournisseur n’est obligé de le suivre. Il serait donc erroné de présenter sa variation comme une hausse ou une baisse automatique applicable à tous les contrats : une offre à prix fixe, une offre indexée et une offre variable ne réagissent pas de la même manière.

Les moteurs du prix du gaz

Le premier moteur est le coût d’approvisionnement du fournisseur. Celui-ci dépend notamment de l’équilibre européen entre les volumes disponibles et la demande, des conditions d’importation, de la disponibilité des infrastructures et des anticipations des acteurs du marché. Les aléas géopolitiques, industriels ou météorologiques peuvent modifier cet équilibre. Ils influencent les prix de gros, mais leur répercussion dans une offre destinée aux particuliers dépend de la formule contractuelle et de la stratégie d’achat du fournisseur.

La demande de chauffage est un autre facteur déterminant. Lorsqu’un hiver est froid, les besoins augmentent ; lorsqu’il est doux, ils diminuent généralement. Pour comprendre un écart entre deux années, comparez aussi les consommations en kWh et la rigueur climatique, mesurée notamment par les degrés-jours unifiés. Une facture plus élevée ne signifie pas nécessairement que le prix du kWh a augmenté : votre logement, vos habitudes et la météo peuvent expliquer une part importante de l’écart.

Enfin, la facture intègre des coûts qui ne relèvent pas de la négociation commerciale entre fournisseurs. La distribution, le transport, les contributions et la TVA évoluent selon leurs propres règles. Le fournisseur les collecte ou les répercute dans la structure de l’offre, mais il ne décide pas seul de leur niveau. C’est pourquoi une baisse des marchés de gros ne se traduit pas toujours par une baisse de même ampleur du montant total payé.

Le rôle des stockages et de la saisonnalité

Les stockages de gaz jouent un rôle de tampon essentiel. Ils sont habituellement remplis lorsque la demande de chauffage est plus faible et sollicités durant la période froide, quand les ménages, les entreprises et certains services consomment davantage. Ils contribuent à la sécurité d’approvisionnement et atténuent certains déséquilibres, sans rendre le système imperméable aux tensions internationales ou à un hiver particulièrement rigoureux.

La saisonnalité ne se lit pas seulement sur la consommation réelle des ménages. Les marchés anticipent les besoins futurs : un niveau de stockage, des prévisions météo ou une incertitude sur les approvisionnements peuvent influencer les prix avant même que les radiateurs soient rallumés. Les fournisseurs peuvent aussi acheter une partie de leurs volumes à l’avance. Ce décalage explique qu’une évolution visible sur les marchés ne se retrouve pas nécessairement le mois suivant sur votre grille tarifaire.

Pour votre budget, le point important est la concentration de la consommation sur la saison de chauffe. Dans un logement chauffé au gaz, le chauffage représente typiquement la plus grande part des usages, loin devant l’eau chaude et la cuisson. Suivre seulement la dépense mensuelle peut donc être trompeur : comparez de préférence une période complète, le nombre de kWh consommés et les conditions climatiques.

La part croissante des composantes non négociables

La fourniture de gaz est la composante concurrentielle de la facture : c’est sur elle que les offres diffèrent le plus directement. Mais votre facture comprend aussi l’abonnement, l’acheminement sur les réseaux, l’accise sur le gaz naturel — qui a remplacé l’ancienne TICGN —, la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) et la TVA. Les détails de ces mécanismes sont présentés dans notre dossier sur les taxes du gaz.

Ces composantes ont une conséquence pratique majeure : plus le prix de l’énergie baisse, plus la part relative des coûts fixes, de réseau et de fiscalité peut peser dans le total. Cela ne signifie pas que chaque poste augmente continûment, mais qu’une remise commerciale sur le kWh hors taxes ne se transforme jamais mécaniquement en remise identique sur toute la facture TTC. La CTA est identique quel que soit le fournisseur, tandis que les règles de TVA et d’accise ne constituent pas un levier de concurrence.

L’abonnement mérite la même attention que le prix du kWh. Il varie notamment selon votre classe de consommation : un logement chauffé au gaz n’a pas le même profil qu’un logement utilisant le gaz uniquement pour la cuisson ou l’eau chaude. Votre commune relève également d’une des six zones tarifaires de distribution, selon l’éloignement du réseau de transport. Ces éléments expliquent pourquoi deux ménages ne peuvent pas transposer directement leur facture l’un à l’autre.

Le gestionnaire du réseau de distribution est généralement GRDF, sur la très grande majorité du territoire desservi en gaz naturel, ou une entreprise locale de distribution dans certaines communes. Son rôle est distinct de celui du fournisseur : il assure le réseau, les compteurs et les interventions techniques, quel que soit le contrat choisi. Le site de GRDF détaille cette organisation du réseau, qui ne change pas lorsque vous changez de fournisseur.

Ce que l’histoire enseigne pour choisir un contrat

La première leçon est qu’aucune formule ne protège de tous les scénarios. Une offre à prix fixe apporte de la visibilité sur les éléments précisément couverts par le contrat pendant la durée annoncée, mais elle ne permet pas toujours de profiter d’une baisse ultérieure. Une offre indexée sur le prix repère ou sur un autre indice est plus transparente sur sa règle d’évolution, mais elle suit le mouvement prévu par cet indice, à la hausse comme à la baisse. Une offre variable dépend de sa grille et de ses conditions de révision.

Avant de choisir, vérifiez donc le prix du kWh, l’abonnement annuel, la formule d’évolution, la durée éventuelle du prix fixe et le traitement des évolutions de taxes ou d’acheminement. Raisonnez toujours à partir du coût annuel TTC correspondant à votre consommation estimée, et non à partir d’un pourcentage de remise affiché hors taxes. Notre simulateur de facture de gaz et le comparateur d’offres permettent de mettre ces éléments en regard de votre profil.

L’histoire récente invite aussi à éviter les décisions fondées sur une prévision catégorique. Personne ne peut garantir le sens futur des marchés, de la météo ou des coûts réglementés. Préférez une offre dont vous comprenez la formule et dont le budget vous convient aujourd’hui. Si une offre variable évolue, le fournisseur doit vous informer au moins un mois à l’avance ; vous pouvez alors résilier sans frais.

Changer de fournisseur est gratuit, sans préavis, sans coupure et sans intervention technique. Le nouveau fournisseur s’occupe de la résiliation de l’ancien contrat : ne résiliez pas vous-même avant d’avoir souscrit ailleurs, sous peine de provoquer une rupture d’alimentation. Les règles pratiques et les voies de recours sont rappelées par le Médiateur national de l’énergie.

Comment suivre l’évolution vous-même

Commencez par consulter chaque mois le tableau de bord des prix du gaz et la page consacrée au prix repère de la CRE. Servez-vous du repère comme d’une référence de comparaison, jamais comme d’une promesse de prix pour votre contrat. Vérifiez ensuite la grille tarifaire en vigueur de votre fournisseur, car les prix évoluent et les conditions peuvent différer selon l’offre, la classe de consommation et la zone.

Sur votre facture, relevez séparément le prix du kWh, l’abonnement, les taxes et le nombre de kWh facturés. Le compteur mesure des mètres cubes, mais la facturation est établie en kWh après application d’un coefficient de conversion qui figure sur la facture. Notre convertisseur m³ vers kWh aide à comprendre ce passage, sans remplacer l’analyse du coefficient propre à votre point de livraison.

Enfin, privilégiez des comparaisons homogènes : même période de l’année, consommation en kWh, nombre d’occupants et niveau de chauffage. Si vous disposez d’un compteur Gazpar, les index transmis facilitent ce suivi ; sinon, un auto-relevé gratuit évite que des estimations ne brouillent la lecture. Le guide pour relever votre compteur de gaz et l’outil pour estimer votre consommation permettent de disposer d’une base plus fiable avant toute comparaison d’offres.

Questions fréquentes

Le prix repère de la CRE est-il le nouveau tarif réglementé du gaz ?

Non. Le tarif réglementé de vente a disparu pour les particuliers le 30 juin 2023. Depuis juillet 2023, la CRE publie un prix repère mensuel qui sert d’indicateur de comparaison ; aucun fournisseur n’est tenu de l’appliquer.

Pourquoi ma facture peut-elle augmenter alors que le marché du gaz baisse ?

Votre facture ne dépend pas uniquement du coût du gaz sur les marchés. Elle comprend aussi l’abonnement, l’acheminement, les taxes et votre volume de consommation, très sensible à la météo. Il peut également exister un décalage entre un mouvement de marché et l’évolution prévue par votre contrat.

Un contrat à prix fixe est-il toujours préférable après une période de hausse ?

Pas nécessairement. Un prix fixe procure de la visibilité sur les éléments que le contrat prévoit de fixer, mais il peut empêcher de bénéficier d’une baisse ultérieure du prix de fourniture. Comparez le coût annuel TTC, la durée d’engagement du prix et les règles applicables aux composantes réglementées.

Les taxes et les coûts de réseau sont-ils négociables entre fournisseurs ?

Non, ils ne constituent pas un levier commercial comparable au prix de fourniture. La CTA est identique chez tous les fournisseurs et les taxes appliquent des règles publiques. Les coûts d’acheminement dépendent du réseau et de caractéristiques telles que votre zone tarifaire.

Faut-il suivre le prix du gaz tous les jours ?

Pour un ménage, un suivi mensuel de la grille de son offre, du prix repère et de sa consommation est généralement plus utile qu’un suivi quotidien des marchés. Comparez surtout votre coût annuel estimé avec les offres disponibles. Vérifiez systématiquement la grille tarifaire en vigueur avant de prendre une décision.

Puis-je changer de fournisseur si les prix évoluent défavorablement ?

Oui. Pour un particulier, le changement de fournisseur est gratuit, sans préavis et sans coupure ; le nouveau fournisseur organise la résiliation de l’ancien contrat. Ne résiliez pas votre contrat vous-même avant d’en avoir souscrit un autre, afin d’éviter une interruption d’alimentation.