Tableau de bord

Le prix du gaz en France

Le prix du gaz ne se résume pas au tarif affiché du kWh : abonnement, acheminement et fiscalité déterminent la dépense annuelle. Depuis la disparition du tarif réglementé, le prix repère de la CRE aide à comparer les offres, sans jamais s’y substituer.

  • Depuis le 1er juillet 2023, tous les contrats de gaz des particuliers sont des offres de marché, librement fixées par les fournisseurs.
  • La facture additionne un abonnement, les kWh consommés, les coûts d’acheminement et plusieurs taxes, dont une large part n’est pas négociable.
  • Le prix repère mensuel de la CRE est un indicateur de comparaison : il ne constitue ni un tarif réglementé ni une obligation pour les fournisseurs.
  • Pour comparer utilement, il faut rapprocher le coût annuel TTC estimé, et non le seul prix du kWh ou le taux de remise annoncé.
  • Le changement de fournisseur est gratuit, sans coupure ni intervention technique ; la baisse durable de la facture passe aussi par la maîtrise des consommations.
Manomètre industriel de pression de gaz, illustrant la formation du prix du gaz

Base

Cuisson seule

0,1479 €/kWh TTC

Abonnement 116 €/an

0 à 1 000 kWh/an

B0

Cuisson + eau chaude

0,1479 €/kWh TTC

Abonnement 116 €/an

1 000 à 6 000 kWh/an

B1

Chauffage (+ ECS + cuisson)

0,1174 €/kWh TTC

Abonnement 280 €/an

6 000 à 30 000 kWh/an

B2I

Gros consommateurs

0,1141 €/kWh TTC

Abonnement 331 €/an

30 000 à 300 000 kWh/an

Prix repère moyen de vente de gaz naturel — barème indicatif au 1ᵉʳ août 2026, zone tarifaire 3. Méthodologie

Évolution du prix repère — classe B1, moyenne France€/kWh TTC
0,05200,07250,09290,11340,1339janv. 2019 — 0,0723 €/kWh TTCjuil. 2019 — 0,0651 €/kWh TTCjanv. 2020 — 0,0641 €/kWh TTCjuil. 2020 — 0,0553 €/kWh TTC · Creux Covid — effondrement de la demande mondialejanv. 2021 — 0,0625 €/kWh TTCjuil. 2021 — 0,0745 €/kWh TTCoct. 2021 — 0,0935 €/kWh TTC · Envolée post-Covid, tensions sur le GNLjanv. 2022 — 0,0967 €/kWh TTC · Gel des tarifs réglementés (bouclier tarifaire)juil. 2022 — 0,0967 €/kWh TTCjanv. 2023 — 0,1042 €/kWh TTC · Bouclier assoupli : +15 % sur le TRVjuin 2023 — 0,1085 €/kWh TTC · Dernier mois du tarif réglementé de ventejuil. 2023 — 0,1057 €/kWh TTC · Naissance du prix repère CREjanv. 2024 — 0,1132 €/kWh TTCjuil. 2024 — 0,1275 €/kWh TTC · Hausse du tarif d’acheminement GRDF (+27,5 %)janv. 2025 — 0,1215 €/kWh TTCjuil. 2025 — 0,1158 €/kWh TTCjanv. 2026 — 0,1196 €/kWh TTCaoût 2026 — 0,1174 €/kWh TTC · Barème de référence utilisé sur ce sitejanv. 2019juil. 2020oct. 2021janv. 2023janv. 2024août 2026
  • juil. 2020 — Creux Covid — effondrement de la demande mondiale
  • oct. 2021 — Envolée post-Covid, tensions sur le GNL
  • janv. 2022 — Gel des tarifs réglementés (bouclier tarifaire)
  • janv. 2023 — Bouclier assoupli : +15 % sur le TRV
  • juin 2023 — Dernier mois du tarif réglementé de vente
  • juil. 2023 — Naissance du prix repère CRE
  • juil. 2024 — Hausse du tarif d’acheminement GRDF (+27,5 %)
  • août 2026 — Barème de référence utilisé sur ce site
Où va votre argent
Fourniture (molécule, stockage, marge) : 44 %Acheminement GRDF (distribution) : 26 %Transport (GRTgaz / Teréga) : 6 %Accise sur le gaz naturel : 12 %CTA : 2 %TVA : 10 %
44 %fourniture
  • Fourniture (molécule, stockage, marge)44 %
  • Acheminement GRDF (distribution)26 %
  • Transport (GRTgaz / Teréga)6 %
  • Accise sur le gaz naturel12 %
  • CTA2 %
  • TVA10 %

Le prix du kWh selon votre zone tarifaire

ZoneBaseB0B1B2ICoût annuel B1 (17 000 kWh)
Zone 10,1437 €0,1437 €0,1132 €0,1099 €2 205 €
Zone 20,1461 €0,1461 €0,1156 €0,1123 €2 246 €
Zone 3référence0,1479 €0,1479 €0,1174 €0,1141 €2 276 €
Zone 40,1500 €0,1500 €0,1195 €0,1162 €2 312 €
Zone 50,1522 €0,1522 €0,1217 €0,1184 €2 349 €
Zone 60,1553 €0,1553 €0,1248 €0,1215 €2 402 €

Écart maximal entre la zone 1 et la zone 6 : 0,0116 € par kWh, soit 197 € par an pour un foyer chauffé au gaz.Trouver votre zone.

Ce que coûte le gaz selon votre logement

ProfilConsommationClasseAu prix repèreMeilleure offreÉcart
Studio, cuisson seuleUne personne, gaz uniquement pour cuisiner, chauffage électrique.500 kWhBase190 €Wekiwi179 €/an−11 €
T2, cuisson + eau chaudeCouple en appartement, chauffe-eau gaz, chauffage collectif.3 500 kWhB0634 €Wekiwi556 €/an−78 €
T3 chauffé au gazAppartement de 65 m² bien isolé, deux occupants.9 500 kWhB11 396 €Wekiwi1 229 €/an−167 €
Maison de 100 m²Famille de 4 personnes, isolation moyenne, chaudière à condensation.17 000 kWhB12 276 €Wekiwi1 977 €/an−299 €
Grande maison de 140 m²Maison individuelle peu isolée, cinq occupants, région froide.28 000 kWhB13 568 €Wekiwi3 075 €/an−493 €
Très gros consommateurGrande maison ancienne ou petit collectif en chauffage individuel.42 000 kWhB2I5 123 €Wekiwi4 405 €/an−718 €

Comprendre le prix réellement payé pour le gaz

Le « prix du gaz » désigne souvent le prix du kilowattheure affiché sur une grille tarifaire. Pourtant, ce seul chiffre ne permet pas de connaître votre dépense ni de comparer correctement deux contrats. Votre facture réunit une part fixe, les kWh effectivement facturés, les coûts d’utilisation des réseaux et les taxes. Votre profil de consommation, votre commune et les conditions de l’offre influencent donc le total payé sur une année.

Le marché du gaz naturel est ouvert à la concurrence pour les particuliers depuis le 1er juillet 2007. Le tarif réglementé de vente de gaz commercialisé par Engie a, lui, définitivement disparu le 30 juin 2023 : aucun ménage ne peut désormais y souscrire. Tous les contrats sont des offres de marché, proposées à prix fixe, indexé ou variable. Pour suivre le niveau de référence du marché résidentiel, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) publie chaque mois un prix repère moyen de vente de gaz naturel, à retrouver et à comprendre sur notre page consacrée au prix repère de la CRE.

La formation du prix du gaz : un prix commercial encadré par des coûts collectifs

Le fournisseur est votre interlocuteur commercial : il vend le gaz, établit la facture et fixe les conditions de son offre. Le prix qu’il propose doit notamment couvrir son approvisionnement en gaz, sa gestion commerciale et les conditions propres au contrat. C’est sur cette composante commerciale que les offres diffèrent le plus. Il n’existe plus de prix de vente imposé par l’État aux fournisseurs de gaz pour les particuliers.

Le gaz livré chez vous circule cependant sur des infrastructures qui ne sont pas gérées par le fournisseur. Le réseau de distribution est exploité principalement par GRDF, sur environ 95 % du territoire desservi en gaz naturel, et par des entreprises locales de distribution dans certaines villes et certains territoires. GRDF ou l’ELD assure notamment la mise en service, le relevé des compteurs et les interventions sur le réseau ; ces missions sont indépendantes du fournisseur que vous choisissez. Le gaz a auparavant été acheminé sur le réseau de transport à haute pression, exploité par GRTgaz ou Teréga.

Les coûts d’acheminement sont régulés et se retrouvent dans la facture, même s’ils sont généralement collectés par le fournisseur. Il en va de même pour les prélèvements fiscaux. Autrement dit, un fournisseur peut concevoir sa grille de prix et ses options contractuelles, mais il ne peut pas supprimer les taxes, modifier à sa convenance les règles du réseau ou vous accorder une « remise » sur la CTA. Les évolutions du prix final peuvent donc venir du prix commercial de l’offre, des tarifs d’acheminement, de la fiscalité ou de votre consommation.

Trois grands types d’offres coexistent :

  • les offres à prix fixe, dont les conditions précisent les éléments tarifaires concernés et la durée d’application ;
  • les offres indexées, dont l’évolution suit une référence explicitement définie au contrat, par exemple le prix repère ;
  • les offres à prix variable, pour lesquelles le fournisseur peut faire évoluer ses prix dans les conditions prévues au contrat.

Le mot « fixe » ne dispense donc pas de lire la grille tarifaire et les conditions de l’offre. À l’inverse, une offre indexée ne garantit pas que son prix restera identique d’un mois à l’autre : elle permet surtout de comprendre à quelle référence et selon quelle règle le prix évolue. Pour une offre variable, le fournisseur doit vous informer au moins un mois avant une évolution tarifaire ; vous conservez alors le droit de résilier sans frais.

Les composantes de la facture : au-delà du prix du kWh

Une facture de gaz peut se résumer ainsi : abonnement + consommation en kWh + taxes. Cette présentation simple masque des mécanismes utiles à connaître pour comparer les offres et comprendre les écarts entre deux périodes. Le fournisseur facture le total, mais tous les postes ne relèvent pas de sa politique commerciale.

Poste de facture Ce qu’il finance ou représente Ce que vous pouvez comparer ou maîtriser
Abonnement La part fixe annuelle du contrat et des coûts associés au raccordement et à l’accès au service Comparer son montant TTC, qui pèse davantage lorsque la consommation est faible
Consommation Les kWh de gaz livrés et les coûts liés à la fourniture Comparer le prix du kWh TTC et réduire les kWh consommés
Distribution et transport L’utilisation des réseaux qui permettent d’acheminer le gaz Non négociables individuellement ; ils dépendent du cadre régulé et, pour la distribution, notamment de la localisation
Accise sur le gaz naturel Prélèvement fiscal appliqué à la consommation Non négociable ; elle a remplacé l’ancienne TICGN
CTA et TVA Contribution tarifaire d’acheminement et fiscalité Non négociables ; la TVA suit des taux différents selon les éléments facturés

Pour un foyer chauffé au gaz, la fourniture représente de l’ordre de 40 à 50 % de la facture totale. La distribution compte généralement pour environ 25 à 30 %, le transport pour environ 5 à 8 %, l’accise pour environ 10 à 13 %, la CTA pour environ 2 % et la TVA pour environ 10 %. Ces ordres de grandeur servent à lire une facture : ils ne constituent ni un barème ni une répartition identique pour chaque logement et chaque période.

L’abonnement est une somme fixe, due même si vous consommez peu. Son niveau varie notamment avec votre classe de consommation : Base pour moins de 1 000 kWh par an, B0 de 1 000 à 6 000 kWh, B1 de 6 000 à 30 000 kWh et B2I au-delà. En règle générale, plus la classe est élevée, plus l’abonnement augmente et plus le prix unitaire du kWh diminue. Retrouvez les mécanismes de la part fixe sur notre guide de l’abonnement gaz et des classes de consommation.

La TVA est de 5,5 % sur l’abonnement et la CTA, contre 20 % sur la consommation et l’accise. La CTA finance les droits spécifiques de retraite des industries électriques et gazières ; elle est calculée à partir de la part fixe du tarif d’acheminement et reste identique quel que soit le fournisseur. Ces différences de TVA expliquent pourquoi une remise présentée en pourcentage « hors taxes » sur le kWh ne se traduit pas par la même baisse sur le total TTC de la facture. Notre dossier sur les taxes sur le gaz détaille ces postes.

Votre commune compte également. La France est répartie en six zones tarifaires de distribution selon l’éloignement du réseau de transport : la zone 1 est la moins chère et la zone 6 la plus chère. La zone est définie au niveau de la commune et figure sur la facture. Il ne faut donc pas appliquer à votre logement une grille observée pour une autre commune sans vérifier la zone correspondante ; utilisez au besoin notre outil pour trouver votre zone tarifaire.

Ce que le consommateur maîtrise — et ce qu’il ne maîtrise pas

Vous ne négociez pas individuellement les taxes, la CTA, les tarifs d’utilisation des réseaux ni la zone tarifaire de votre commune. Vous ne choisissez pas non plus la qualité énergétique du gaz livré : le gaz circule dans un réseau commun. En revanche, vous pouvez choisir votre fournisseur, le type de prix qui correspond à votre besoin de visibilité, votre mode de facturation et, surtout, votre niveau de consommation.

Le changement de fournisseur est gratuit, sans préavis, sans coupure et sans intervention technique sur votre installation. Le nouveau fournisseur organise la résiliation de l’ancien contrat ; la bascule prend généralement environ 15 à 21 jours. Ne résiliez pas vous-même votre contrat avant d’en souscrire un autre pour le même logement : vous provoqueriez une rupture d’alimentation. Même une offre à prix fixe peut être résiliée gratuitement par un particulier.

Le compteur mesure des mètres cubes, alors que la facture porte sur des kWh. La conversion dépend du pouvoir calorifique supérieur du gaz livré et de l’altitude, via un coefficient indiqué sur la facture, généralement compris entre environ 9,5 et 12,5 et souvent proche de 11,2. Une variation de volume n’est donc pas, à elle seule, une comparaison parfaite de votre énergie consommée : suivez les kWh et, si besoin, vérifiez-les avec notre convertisseur de m³ en kWh.

Votre facture peut aussi être établie sur estimation si aucun relevé réel n’est disponible. L’auto-relevé est gratuit et permet de corriger cette situation. Avec un compteur communicant Gazpar, l’index est transmis quotidiennement par radiofréquence, ce qui limite les écarts liés aux estimations. Pour savoir qui intervient sur votre compteur et sur le réseau, consultez notre présentation de GRDF ; dans les zones gérées par une ELD, cet opérateur local remplit ce rôle.

Comment lire le prix repère de la CRE chaque mois

Le prix repère est un indicateur de comparaison, pas un tarif réglementé rétabli sous un autre nom. Depuis juillet 2023, la CRE le publie mensuellement afin de donner aux ménages une référence de lecture du marché. Aucun fournisseur n’est tenu de l’appliquer, et il ne remplace ni votre contrat ni la grille tarifaire qui vous est applicable. Il ne préjuge pas non plus du prix futur du gaz.

Pour l’utiliser correctement, commencez par relever sur votre dernière facture votre classe de consommation, votre zone tarifaire et votre consommation annuelle en kWh. Comparez ensuite le niveau de l’abonnement et le prix du kWh qui correspondent exactement à ce profil avec ceux de votre offre. Une offre peut être plus avantageuse sur le kWh mais moins compétitive après ajout d’un abonnement plus élevé ; c’est particulièrement fréquent pour les petits consommateurs.

La bonne question n’est donc pas « mon kWh est-il inférieur au prix repère ? », mais « quel serait mon coût annuel TTC avec cette offre, pour ma consommation et ma commune ? ». Le prix repère fournit une base de comparaison mensuelle ; votre contrat peut s’en écarter à la hausse ou à la baisse selon sa formule. Le prix du kWh de gaz et l’abonnement doivent toujours être lus ensemble, à la même date et dans la même unité — hors taxes ou toutes taxes comprises, sans les mélanger.

Pour une vérification complète, conservez la grille tarifaire en vigueur du fournisseur, sa date d’application et les modalités d’évolution du contrat. Les prix changent : vérifiez donc les documents tarifaires actuels avant toute décision et utilisez notre comparateur d’offres de gaz pour raisonner sur votre profil réel. Le comparateur ne dispense pas de lire les conditions de l’offre, notamment la référence d’indexation lorsqu’elle existe.

Les erreurs de comparaison les plus courantes

La première erreur consiste à opposer deux prix du kWh sans regarder l’abonnement. Pour un logement utilisant le gaz uniquement pour la cuisson ou l’eau chaude, la part fixe peut représenter une part importante de la dépense annuelle. À l’inverse, pour un foyer chauffé au gaz, quelques différences sur le prix du kWh prennent davantage de poids parce que les volumes consommés sont élevés.

D’autres erreurs reviennent fréquemment :

  • comparer un prix hors taxes avec un prix TTC : l’écart affiché ne correspond alors pas à l’écart réellement payé ;
  • prendre une remise pour une économie totale : les promotions portent souvent sur le kWh hors taxes, non sur toutes les composantes de la facture ;
  • oublier la zone tarifaire ou la classe de consommation : une grille n’a de sens que pour le profil auquel elle s’applique ;
  • raisonner sur une mensualité : elle lisse les paiements, mais ne constitue pas le prix annuel du gaz ;
  • utiliser une consommation estimée irréaliste : une comparaison est fiable si les kWh annuels sont proches de vos usages réels ;
  • confondre prix repère et offre contractuelle : le premier est une référence, la seconde est l’engagement tarifaire qui vous facture.

Une comparaison solide part idéalement de douze mois de consommation, disponibles sur vos factures ou votre espace client. À défaut, estimez votre besoin selon la surface, l’isolation, le nombre d’occupants et les usages — chauffage, eau chaude et cuisson — avec notre outil d’estimation de consommation de gaz. Le simulateur de facture gaz permet ensuite de traduire ces données en coût annuel, en intégrant abonnement et consommation.

Les leviers d’action pour suivre et réduire votre dépense

Le premier levier est administratif : contrôlez au moins une fois par an le coût annuel TTC de votre contrat par rapport au prix repère et aux autres offres disponibles. Cette revue est particulièrement utile après une évolution tarifaire, un déménagement ou un changement important d’usage, comme l’arrivée d’un occupant ou le remplacement d’un équipement. Si vous changez de fournisseur, vérifiez la facture de clôture : elle doit être émise dans les quatre semaines, et un éventuel trop-perçu doit être remboursé dans les 15 jours suivant cette facture.

Le deuxième levier est la qualité des données. Relevez votre compteur lorsque c’est nécessaire, contrôlez le coefficient de conversion figurant sur votre facture et comparez les kWh d’une année à l’autre. Ne concluez pas trop vite à une hausse de prix si l’hiver a été plus rigoureux : le degré-jour unifié, ou DJU, mesure la rigueur de la période de chauffe et explique une part importante des variations de consommation. Séparer l’effet « prix » de l’effet « kWh consommés » évite des comparaisons trompeuses.

Le troisième levier est l’usage du gaz. Dans un logement chauffé au gaz, le chauffage représente typiquement environ 75 % de la consommation, contre environ 20 % pour l’eau chaude sanitaire et 5 % pour la cuisson. Baisser la température de chauffage d’1 °C réduit, en ordre de grandeur, la consommation de chauffage d’environ 7 %. Visez environ 19 °C dans les pièces de vie, 17 °C dans les chambres et 22 °C dans la salle de bains lorsqu’elle est occupée, en adaptant naturellement ces repères à vos besoins.

La programmation du chauffage, l’entretien de l’installation et la réduction des déperditions sont généralement plus structurants qu’une recherche du seul prix du kWh. L’entretien annuel est obligatoire pour les chaudières de 4 à 400 kW et doit être assuré par l’occupant, sauf clause contraire du bail ; une attestation doit être remise. Pour des travaux plus ambitieux, renseignez-vous sur les aides à la rénovation auprès de France Rénov’ : MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie, l’éco-prêt à taux zéro et la TVA à taux réduit peuvent, selon votre situation, compléter le financement. La demande de prime CEE doit impérativement être effectuée avant la signature du devis.

Enfin, gardez un suivi simple et régulier : consommation mensuelle en kWh, prix appliqué, montant de l’abonnement et température de consigne. Cette méthode permet de comprendre votre facture sans attendre la régularisation annuelle, de détecter une estimation incohérente et d’évaluer l’intérêt réel d’un changement d’offre. En cas de désaccord persistant après une réclamation écrite auprès du fournisseur restée sans réponse satisfaisante pendant deux mois, vous pouvez saisir gratuitement le Médiateur national de l’énergie.

Approfondir chaque composante

Questions fréquentes

Existe-t-il encore un tarif réglementé du gaz pour les particuliers ?

Non. Le tarif réglementé de vente de gaz, auparavant commercialisé par Engie, a définitivement disparu le 30 juin 2023 pour les ménages. Tous les contrats de gaz naturel des particuliers sont désormais des offres de marché proposées par des fournisseurs.

Le prix repère de la CRE est-il le prix que mon fournisseur doit appliquer ?

Non. Le prix repère moyen publié chaque mois par la CRE est un indicateur destiné à faciliter la comparaison des offres. Aucun fournisseur n’est tenu de l’appliquer et votre facture dépend de la grille tarifaire prévue par votre contrat.

Pourquoi deux logements ne paient-ils pas forcément le même prix du gaz ?

Le prix dépend notamment de la classe de consommation, de l’abonnement, de l’offre choisie et de la zone tarifaire de distribution de la commune. Les consommations elles-mêmes diffèrent selon la surface, l’isolation, les équipements, les usages et la rigueur de l’hiver.

Comment calculer le coût annuel réel d’une offre de gaz ?

Il faut additionner l’abonnement annuel TTC et le prix du kWh TTC multiplié par votre consommation annuelle estimée en kWh. Comparez des offres applicables à la même classe de consommation et à la même zone tarifaire, puis vérifiez leurs conditions d’évolution de prix.

Puis-je changer de fournisseur si mon offre de gaz est à prix fixe ?

Oui. Un particulier peut résilier gratuitement et sans pénalité, y compris une offre à prix fixe. Le changement est sans coupure et sans intervention technique ; le nouveau fournisseur s’occupe de la résiliation de l’ancien contrat.

Les taxes et les frais de réseau sont-ils négociables avec le fournisseur ?

Non. L’accise sur le gaz naturel, la CTA, la TVA et les coûts d’acheminement relèvent d’un cadre fiscal ou régulé et ne se négocient pas individuellement. Le fournisseur peut en revanche proposer une structure de prix commerciale différente sur l’abonnement et la fourniture de gaz.

Pourquoi mon compteur indique-t-il des m³ alors que ma facture est exprimée en kWh ?

Le compteur mesure un volume de gaz en mètres cubes, mais la facturation porte sur l’énergie réellement contenue dans ce volume, exprimée en kWh. Un coefficient de conversion, inscrit sur la facture, tient compte du pouvoir calorifique supérieur du gaz et de l’altitude de votre commune.