Souscription & contrat

Contrat de gaz signé par démarchage : revenir en arrière

· 9 min de lectureAccessible
Personne examinant un courrier de fournisseur d'énergie posé sur une table de cuisine, téléphone décroché à côté, en fin de journée.

L’essentiel en 30 secondes

  • Un changement de fournisseur ne provoque ni coupure, ni intervention technique, ni préavis : c'est ce qui permet à un contrat non voulu de prendre effet sans que vous vous en aperceviez.
  • Dans les 14 jours calendaires suivant la signature à distance ou hors établissement, la rétractation est un droit : elle n'a pas à être motivée.
  • Passé ce délai, la sortie reste simple : résilier un contrat de gaz est gratuit et sans pénalité, y compris sur une offre à prix fixe.
  • Ne résiliez jamais vous-même avant d'avoir souscrit ailleurs : c'est le nouveau fournisseur qui résilie l'ancien contrat.
  • Si vous n'avez jamais donné votre accord, demandez par écrit la preuve du consentement recueilli, puis saisissez le médiateur après deux mois sans réponse satisfaisante.
  • Aucun démarcheur n'est mandaté par GRDF ni par l'État, et plus aucun tarif réglementé du gaz n'existe pour les particuliers.

Vous recevez une facture de clôture d’un fournisseur que vous n’aviez pas l’intention de quitter, ou un courrier de bienvenue d’une entreprise dont vous n’avez jamais voulu. Entre les deux, il y a eu un appel un peu insistant, une visite sur le pas de la porte, ou rien du tout dont vous vous souveniez. Le contrat, lui, a bel et bien pris effet.

La bonne nouvelle tient en une phrase : vous n’êtes jamais prisonnier d’un contrat de gaz. Ni pendant les quatorze premiers jours, où la rétractation est un droit qui n’a pas à être justifié, ni après, puisque résilier reste gratuit et sans pénalité pour un particulier. Ce qui compte, c’est de faire les choses dans le bon ordre, l’erreur classique consistant à résilier soi-même aggrave la situation au lieu de la régler.

Pourquoi un contrat non voulu prend effet sans que vous le remarquiez

C’est le point de départ, et il explique tout le reste. Changer de fournisseur de gaz est délibérément conçu pour être invisible :

  • aucune coupure d’alimentation, à aucun moment ;
  • aucune intervention technique, ni sur le compteur, ni sur l’installation ;
  • aucun préavis ni frais de résiliation ;
  • aucune démarche de votre part vis-à-vis de l’ancien fournisseur : c’est le nouveau qui se charge de résilier le contrat précédent.

Cette fluidité est une conquête pour le consommateur, elle rend la concurrence réellement praticable, comme l’explique notre dossier changer de fournisseur de gaz. Mais elle a un revers : une souscription obtenue à l’arraché produit exactement les mêmes effets qu’une souscription voulue, et rien dans votre quotidien ne vous alerte. Le gaz continue d’arriver, le compteur ne bouge pas, personne ne sonne à la porte. Vous découvrez le changement en recevant une facture de clôture, souvent deux à trois semaines plus tard, le délai de bascule étant d’environ 15 à 21 jours.

Retenez-en une conséquence pratique : le compte à rebours de la rétractation court pendant que vous ignorez tout du contrat. D’où l’importance d’ouvrir les courriers d’énergie dès réception, y compris ceux d’entreprises inconnues.

Trois situations à ne pas confondre

Votre situation Le fondement de votre demande Le délai qui compte
Vous avez signé, puis changé d’avis Droit de rétractation, sans motif 14 jours calendaires
Vous avez signé sans comprendre l’offre réellement souscrite Rétractation si le délai court encore, sinon résiliation 14 jours, puis sans limite
Vous n’avez jamais donné votre accord Absence de consentement : le contrat est contesté dans son principe Aucun délai de rétractation à respecter, mais agissez vite

La troisième ligne est celle qu’il ne faut pas traiter comme les deux autres. Se rétracter, c’est reconnaître qu’un contrat existe et y renoncer ; contester l’existence même du consentement est une démarche différente, et le vocabulaire employé dans votre courrier a son importance.

Dans les 14 jours : la rétractation, un droit sans condition

Pour un contrat conclu à distance, par téléphone, en ligne, ou hors établissement, sur le pas de votre porte, sur un stand, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours calendaires, prévu par l’article L221-18 du Code de la consommation. Trois précisions comptent :

  • Le délai est en jours calendaires, week-ends et jours fériés compris.
  • La rétractation n’a pas à être motivée. Vous n’avez ni à vous justifier, ni à argumenter sur l’offre.
  • Elle doit être exprimée sans ambiguïté et, en pratique, tracée : écrivez, et conservez une preuve d’envoi et de date.

Le mode d’emploi tient en quatre gestes.

  1. Datez le point de départ. Repérez la date de conclusion du contrat sur le courrier de confirmation reçu. C’est elle qui déclenche le décompte, pas la date à laquelle vous avez compris ce qui se passait.
  2. Écrivez au fournisseur en indiquant clairement que vous exercez votre droit de rétractation, avec vos coordonnées, la référence du contrat et le numéro de PCE si vous l’avez. Notre dossier sur le numéro PCE et où le trouver explique où lire cet identifiant à 14 chiffres.
  3. Conservez la preuve de l’envoi et de sa date : c’est la seule pièce qui compte si le fournisseur conteste le respect du délai.
  4. Vérifiez que votre contrat d’origine n’a pas été résilié entre-temps. Si la bascule a déjà eu lieu, contactez votre ancien fournisseur pour rétablir la situation, ou souscrivez à nouveau chez lui.

Si le délai est écoulé au moment où vous découvrez le contrat, ne perdez pas de temps à le regretter : la section suivante vous concerne, et elle est moins pénalisante qu’il n’y paraît.

Après 14 jours : la sortie reste gratuite

C’est l’information que les démarcheurs les plus agressifs se gardent bien de rappeler : résilier un contrat de gaz est gratuit et sans pénalité pour un particulier, y compris sur une offre à prix fixe. Il n’existe ni durée d’engagement opposable, ni frais de sortie, ni indemnité. Un contrat souscrit malgré vous n’est donc pas un piège de longue durée.

La méthode est celle de n’importe quel changement de fournisseur, avec une règle absolue :

Ne résiliez jamais vous-même avant d’avoir souscrit ailleurs. Souscrivez le nouveau contrat : c’est le nouveau fournisseur qui résilie l’ancien, sans coupure. Une résiliation isolée, sans contrat de remplacement, provoque au contraire une rupture d’alimentation, avec une remise en service à demander et à payer.

Concrètement :

  1. Comparez avant de re-souscrire, plutôt que de revenir par réflexe chez votre fournisseur précédent. Puisque vous devez de toute façon faire une démarche, autant qu’elle vous serve : le comparateur des offres de gaz classe les offres sur leur coût annuel réel, selon votre consommation et votre zone tarifaire, sans affiliation ni commission.
  2. Situez le prix proposé par rapport au prix repère publié par la CRE. C’est le seul point de comparaison neutre depuis la disparition du tarif réglementé.
  3. Vérifiez la nature de l’offre : prix fixe, indexée ou variable, car c’est souvent là que se niche l’écart entre ce qui vous a été promis oralement et ce que vous avez réellement signé. Notre dossier prix fixe ou prix indexé détaille ce que chaque formule implique.
  4. Souscrivez, puis laissez faire. Aucune démarche supplémentaire n’est nécessaire, et la bascule prend de l’ordre de 15 à 21 jours.

Le seul préjudice réel est donc limité : le temps passé, et l’écart tarifaire éventuel sur les quelques semaines pendant lesquelles le contrat non voulu a produit ses effets. C’est cet écart, et lui seul, qui peut faire l’objet d’une demande chiffrée.

La facture de clôture : ce qu’il faut vérifier

Quel que soit le scénario, un changement de fournisseur, voulu ou non, déclenche l’émission d’une facture de clôture par le fournisseur quitté. C’est souvent par elle que vous avez découvert le problème ; c’est aussi la pièce qui fixe les comptes, et elle mérite un contrôle attentif.

Quatre points à vérifier :

  • La nature de l’index de clôture. S’il est estimé et non réel, la facture peut être fausse dans un sens comme dans l’autre. Relevez votre compteur, comparez, et transmettez un auto-relevé si nécessaire : c’est gratuit.
  • Le délai d’émission. La facture de clôture est émise sous quatre semaines.
  • Le remboursement d’un éventuel trop-perçu, dû dans les quinze jours suivant cette facture. Si vous étiez mensualisé, un solde en votre faveur est fréquent : il doit vous revenir, pas rester en attente.
  • L’absence de frais de résiliation, qui n’ont pas lieu d’être pour un particulier.

Notre dossier comprendre sa facture de gaz détaille la lecture des index et des périodes, et notre dossier résilier son contrat de gaz précise ce qu’un fournisseur ne peut pas vous facturer au moment de la clôture.

Un dernier repère utile en cas de rattrapage inattendu : un fournisseur ne peut pas réclamer une consommation datant de plus de 14 mois, sauf notamment défaut d’accès au compteur ou fraude.

Si vous n’avez jamais donné votre accord

Ici, vous ne renoncez pas à un contrat : vous contestez qu’il ait jamais été valablement conclu. La démarche est différente et se mène entièrement par écrit.

Demandez la preuve du consentement. C’est la pièce maîtresse. Écrivez à l’entreprise qui vous facture et demandez-lui de produire ce sur quoi elle fonde la souscription : enregistrement de l’appel, bon de commande signé, trace de validation en ligne. Formulez la demande de façon explicite, et joignez-y votre contestation du contrat ainsi que votre demande de rétablissement de la situation antérieure.

Réunissez votre propre chronologie : date et heure de l’appel ou de la visite, identité déclarée du démarcheur et de l’entreprise, documents laissés sur place, courriers reçus et leurs dates, factures émises. Une chronologie datée vaut bien plus qu’un récit.

Sur le paiement, soyez précis plutôt que radical. Le gaz consommé pendant la période a réellement été livré : la contestation porte sur l’identité du fournisseur qui facture et sur les conditions tarifaires appliquées, pas sur l’existence de la consommation. Ne suspendez pas le paiement de la part que vous ne contestez pas, un impayé ouvrirait un second front sans faire avancer le premier. Notre dossier contester une facture de gaz détaille la rédaction d’une réclamation chiffrée et traçable.

Passez à la médiation si nécessaire. La saisine du médiateur national de l’énergie est gratuite et devient possible après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante pendant deux mois. Notre dossier sur le médiateur national de l’énergie explique le déroulement de la procédure et les pièces à transmettre.

Les signaux qui doivent vous faire raccrocher

Certains arguments de vente sont des marqueurs fiables d’un démarchage à écarter, parce qu’ils reposent sur des affirmations factuellement fausses.

Ce que vous entendez Pourquoi c’est faux
« J’appelle de la part de GRDF » GRDF gère le réseau de distribution et est indépendant des fournisseurs : il ne vend aucune offre
« C’est une démarche obligatoire depuis la fin du tarif réglementé » Aucune obligation de changer de fournisseur n’existe
« Je vous fais revenir au tarif réglementé » Il n’existe plus aucun tarif réglementé du gaz pour les particuliers depuis le 30 juin 2023
« Il faut signer aujourd’hui, l’offre expire ce soir » Une offre sérieuse se compare posément ; l’urgence est un outil de vente
« Donnez-moi juste votre numéro de compteur et votre RIB » Le PCE et un RIB suffisent à engager une souscription : ne les communiquez jamais à un démarcheur

Ce dernier point est le plus important en pratique. Votre numéro de PCE figure sur toutes vos factures et ne change jamais ; associé à un RIB, il permet de vous souscrire un contrat. Aucune vérification, aucun « contrôle de dossier », aucune « mise à jour de votre compteur » ne justifie de les transmettre à un interlocuteur qui vous a appelé.

Notre page consacrée au rôle du distributeur GRDF rappelle cette séparation entre réseau et fourniture, que le démarchage abusif exploite systématiquement. Sur l’encadrement de ces pratiques et son évolution, notre analyse sur l’encadrement du démarchage en énergie donne le cadre d’ensemble, et notre bilan sur la fin du tarif réglementé du gaz explique pourquoi cette disparition sert encore d’appât commercial trois ans après.

Réduire le risque pour la prochaine fois

  • Ne communiquez jamais votre PCE ni votre RIB à la suite d’un appel ou d’une visite que vous n’avez pas sollicités, quel que soit le prétexte invoqué.
  • Ne validez rien oralement. Demandez systématiquement l’offre par écrit, et prenez le temps de la comparer.
  • Inscrivez-vous sur la liste d’opposition au démarchage téléphonique, dont les modalités sont décrites sur le site du service public.
  • Ouvrez les courriers d’énergie dès réception, même ceux d’entreprises que vous ne connaissez pas : c’est ce qui vous laisse le bénéfice du délai de rétractation.
  • Choisissez vous-même le moment de comparer. Une souscription se prépare, comme le décrit notre dossier souscrire un contrat de gaz, et se conclut sur des chiffres vérifiés, jamais dans l’urgence d’un appel.

Enfin, gardez en tête le repère qui désamorce la plupart des arguments de démarchage : le classement des offres sur ce site ne peut pas être acheté, et se juge sur le coût annuel total, abonnement compris, jamais sur un pourcentage de remise annoncé au téléphone, qui porte le plus souvent sur le prix du kWh hors taxes et se révèle mécaniquement plus faible en TTC.

Ce qu’il faut retenir

  • Un changement de fournisseur ne se voit pas : ni coupure, ni intervention, ni préavis. C’est ce qui rend un contrat non voulu invisible jusqu’à la facture de clôture.
  • Dans les 14 jours calendaires suivant une signature à distance ou hors établissement, la rétractation est un droit qui n’a pas à être motivé.
  • Passé ce délai, résilier reste gratuit et sans pénalité, y compris sur une offre à prix fixe : vous n’êtes jamais prisonnier.
  • Ne résiliez jamais vous-même avant d’avoir souscrit ailleurs, sous peine de rupture d’alimentation.
  • Si vous n’avez jamais consenti, demandez par écrit la preuve du consentement, puis saisissez gratuitement le médiateur après deux mois.
  • Aucun démarcheur n’agit pour GRDF ni pour l’État, et le tarif réglementé du gaz n’existe plus depuis le 30 juin 2023.
  • Ne donnez jamais votre PCE et votre RIB à un interlocuteur que vous n’avez pas sollicité : ces deux éléments suffisent à vous engager.

Sources officielles

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Questions fréquentes

J'ai signé un contrat de gaz au téléphone, puis-je l'annuler ?

Oui. Pour un contrat conclu à distance ou hors établissement, vous disposez d'un droit de rétractation de 14 jours calendaires, prévu par l'article L221-18 du Code de la consommation. Il n'a pas à être motivé : il suffit d'exprimer votre volonté de vous rétracter par écrit, en conservant une preuve d'envoi. Passé ce délai, vous n'êtes pas piégé pour autant, car résilier un contrat de gaz reste gratuit et sans pénalité pour un particulier.

Mon fournisseur a changé sans que je donne mon accord, que faire ?

Écrivez à l'entreprise qui vous facture et demandez-lui de produire la preuve du consentement qu'elle affirme avoir recueilli : enregistrement de l'appel, bon de commande signé, ou trace de la souscription en ligne. Demandez en parallèle le rétablissement de votre situation antérieure. Sans réponse satisfaisante au bout de deux mois, la saisine du médiateur national de l'énergie est gratuite.

Vais-je être coupé de gaz si j'annule un contrat souscrit par erreur ?

Non, à une condition : ne résiliez jamais vous-même avant d'avoir souscrit ailleurs. Un changement de fournisseur n'entraîne aucune coupure ni aucune intervention technique, parce que le réseau et le compteur restent gérés par le distributeur, indépendamment du fournisseur. En revanche, résilier sans avoir de contrat de remplacement crée une rupture d'alimentation, avec une remise en service à demander et à payer.

Un démarcheur peut-il se présenter comme envoyé par GRDF ou par l'État ?

Non, et c'est un signal d'alerte majeur. GRDF est le gestionnaire du réseau de distribution : il est indépendant des fournisseurs et ne commercialise aucune offre. Aucun organisme public ne mandate de vendeur pour vous faire changer de contrat. De même, plus aucun tarif réglementé du gaz n'existe pour les particuliers depuis le 30 juin 2023 : personne ne peut vous y faire « revenir ».

Dois-je payer les factures du fournisseur que je n'ai pas choisi ?

Il faut distinguer deux choses. Le gaz que vous avez consommé pendant la période a réellement été livré et reste dû à quelqu'un : la contestation porte sur l'identité du fournisseur qui facture et sur les conditions tarifaires appliquées, pas sur l'existence de la consommation. Ne suspendez pas le paiement de la part que vous ne contestez pas, et formulez une réclamation écrite chiffrée pour le reste : un impayé affaiblirait votre position.

Combien de temps dure le retour vers mon ancien fournisseur ?

Le délai de bascule est d'environ 15 à 21 jours, comme pour n'importe quel changement de fournisseur. Vous n'avez rien à faire d'autre que de souscrire : le nouveau contrat déclenche la résiliation de l'ancien. Aucun préavis, aucun frais et aucune interruption d'alimentation ne s'appliquent.

Que faire si un proche a signé à ma place ?

Seul le titulaire du contrat peut l'engager. Si la souscription a été faite par une personne qui n'avait pas qualité pour le faire, signalez-le par écrit au fournisseur en demandant l'annulation et la preuve du consentement recueilli. Conservez la chronologie précise des faits : date de la visite ou de l'appel, identité déclarée du démarcheur, documents laissés. Ces éléments sont ceux que le médiateur examinera si le litige se poursuit.

Vérifiez si votre offre est encore compétitive

Le comparateur classe toutes les offres du marché sur le coût annuel réel, à partir de votre consommation et de votre département. Deux chiffres suffisent.

Comparer les offres

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